L’invasion meurtrière de Gaza
(2008-2009)
- Le 10/01/09 - Première prise de position du bureau de Coup de
soleil sur la tragédie de Gaza : « Nos voeux vont particulièrement,
en cette triste époque, aux Palestiniens de Gaza, victimes
d’un insupportable châtiment collectif. Ce déluge de fer et de
feu réjouit certes les faucons des deux bords, mais il mène les
Palestiniens à la désespérance et les Israéliens à une impasse
suicidaire ».
- Le 28/03/09 - Un très nombreux public, parmi lesquels des
adhérents et amis de Coup de soleil, assistent au grand concert
de solidarité pour les enfants de Gaza, au Palais des congrès
de la Porte-Maillot à Paris. L’annonce de cette manifestation
nous donne l’occasion de réaffirmer ainsi notre position :
Lors de sa réunion du 10 janvier 2009, le bureau de Coup de
soleil a exprimé sa totale condamnation de l’invasion armée
israélienne à Gaza.
Le bilan politique de cette folie meurtrière est terriblement
négatif, pour Israël, pour la Palestine et pour la paix au Proche-
Orient. Aujourd’hui, tout ce que dénonçaient les organisations
humanitaires sur le bilan humain de cette tragédie (près de 1 400
morts et de 3 000 blessés, dont beaucoup de femmes et d’enfants,
presque toutes les habitations et toutes les infrastructures
systématiquement détruites, etc.) est entièrement confirmé par
les agences des Nations-Unies et les diplomates américains ou
européens. Les organisations israéliennes de défense des droits
de l’Homme et jusqu’aux organisations de soldats et d’officiers
y ajoutent, chaque jour, leurs témoignages accablants.
Redoutant les fêlures que le conflit du Proche-Orient a toujours
provoquées dans la société française, et particulièrement
parmi des populations qui sont des nôtres, Coup de soleil n’a
cessé de militer pour la seule solution qui vaille, celle qui a été
trouvée, ensemble, par les Israéliens et les Palestiniens, à Oslo, à
Taba, à Genève : deux Etats souverains dans les frontières de
1967 (voir notre appel de 2002).
Le conflit israélo-palestinien :
Ensemble pour la paix ! (2002)
Les derniers développements du conflit israélo-palestinien
bouleversent tous ceux qui sont attachés aux valeurs de paix, de
justice et de dignité de la personne humaine. Ces événements
tragiques ont aussi des conséquences dans notre pays où
s’accroissent les tentations de solidarités « communautaires »,
véritables matrices de tous les racismes.
• L’interception sanglante de la flottille humanitaire au large
de Gaza, le 31 mai dernier, a suscité à travers le monde une
indignation générale. Tout a été dit sur l’inacceptable :
- l’arraisonnement de navires dans les eaux
internationales
- l’attaque par des commandos surarmés d’un
convoi de militants civils, de journalistes, de medecins, de
parlementaires de quarante-deux nationalités, transportant une
cargaison humanitaire.
- les neuf passagers tués lors de ce violent assaut.
- la folle inconscience d’un gouvernement israélien
qui redore le blason des organisations caritatives islamistes à
l’origine de cette initiative, qui renforce un peu plus l’influence
du Hamas à Gaza et qui vient de précipiter la rupture avec la
Turquie, son seul grand allié au Proche-Orient.
•Mais les neuf morts du Mavi Marmara ne doivent pas nous
faire oublier :
- l’opération « Plomb durci » de décembre 2008-
janvier 2009, ses milliers de morts et de blessés (voir ci-dessous
les communiqués de Coup de soleil de janvier et février 2009)
- le blocus de Gaza que « la flottille de la liberté »
tentait de briser : un blocus inhumain qui dure depuis 3 ans et qui
a été considérablement aggravé depuis 2009, menant à l’asphyxie
de l’économie gazaouie et à la paupérisation croissante de la
population.
- le dépeçage continu de la Cisjordanie par la
croissance des colonies, des « réserves naturelles », des terrains
militaires et des routes israéliennes, la pillage des ressources
hydrauliques et les tracasseries quotidiennes sans cesse infligées
aux Palestiniens du territoire.
- l’aveuglement des gouvernements israéliens qui,
depuis l’assassinat d’Itzhak Rabin, tournent insidieusement ou
résolument le dos aux accords d’Oslo, condamnant les deux
peuples à la poursuite d’un affrontement suicidaire et ranimant à
travers le monde les haines et les rancoeurs.
•Déplorant les tensions et fractures grandissantes que cette
situation engendre au sein même de la société française, Coup
de soleil tient enfin à rappeler les quelques options fondamentales
qu’il énonçait en 2002 (voir ci-dessous) et qui lui semblent avoir
gardé, huit ans après, toute leur pertinence.
Gaza : l’inacceptable
Les prises de position de Coup de soleil
Lettre d’information n°33 - 17
Originaires ou amis du Maghreb, immigrés ou rapatriés,
chrétiens, juifs, musulmans ou libres penseurs, nous militons
au sein de l’association Coup de soleil pour promouvoir la
meilleure connaissance et le respect de l’autre, sur les deux rives
de la Méditerranée. Nous le faisons pour éviter de revivre les
injustices, les intolérances et les affrontements dont a été marquée
notre histoire commune. Ayant toujours respecté en notre sein
la pluralité des analyses sur la situation en France, au Maghreb
ou en Méditerranée, nous n’en sommes que plus à l’aise pour
appeler au rassemblement sur quelques points fondamentaux :
1) une condamnation sans équivoque de tous les actes
racistes, quelles qu’en soient la nature et la cible visée : insulter
ou agresser un être humain ou une institution parce qu’ils sont
« juifs » ou qu’ils sont « arabes » est un acte stupide et détestable
qui doit être combattu avec détermination à tous les échelons de
notre société, sous peine de la voir très vite gangrenée par ce
fléau ;
2) une condamnation sans équivoque de toutes les
dérives « communautaristes » qui visent à diviser la Nation en
fonction des origines géographiques, culturelles ou religieuses
de nos concitoyens, les dressant artificiellement les uns contre
les autres, au seul bénéfice de « représentants » auto-proclamés
qui en font un objet de pouvoir ;
3) le soutien sans faille à toutes les forces de paix qui
luttent courageusement, parmi les organisations juives et arabes
de France, parmi les défenseurs des droits de l’homme et dans
tout le milieu associatif, pour combattre ces dérives au nom des
valeurs fondatrices de la République ;
4) le refus déterminé de cautionner, si peu que ce soit,
tous les actes « de guerre » dont sont victimes les populations
civiles en Israël et en Palestine. Rien ne justifie que des kamikazes
tuent aveuglément des hommes, des femmes et des enfants dans
les villes israéliennes. Rien ne
justifie que des colons armés et des
soldats d’une armée d’occupation
tuent aveuglément des hommes, des
femmes et des enfants dans les villes
palestiniennes ;
5) un appui efficace à la
«Coalition israélo-palestinienne
pour la paix » qui, malgré la
tourmente, rassemble mouvements
et personnalités israéliens et
palestiniens pour sauver l’essentiel,
en refusant le terrible engrenage du
«terrorisme du désespoir » et du
«terrorisme d’Etat» ;
6) la réaffirmation
qu’aucune solution du conflit n’est
envisageable hors du respect du
droit international, des résolutions
des Nations-unies et des accords
conclus entre les deux parties, sur
la base du principe fondamental de
« la paix contre la terre » qui vient
d’être opportunément repris dans le
« plan Abdallah ». Il s’agit :
- du droit pour les Israéliens de vivre en paix, dans les
frontières qui étaient les leurs avant la guerre de 1967 et qui
seront reconnues et garanties par l’ensemble de la communauté
internationale et particulièrement les Etats arabes du Proche-
Orient ;
- de l’évacuation par Israël de tous les territoires conquis en
1967, sous réserve de « rectifications » négociées entre les deux
parties ;
- de la création, sur ces territoires de Cisjordanie et de Gaza, d’un
Etat palestinien pleinement souverain, dont l’existence serait
également reconnue et garantie par l’ensemble de la communauté
internationale et particulièrement par l’Etat d’Israël ;
- de la négociation, sur la base du « plan Clinton », d’un statut
particulier de Jérusalem permettant d’y installer la capitale
d’Israël et la capitale de la Palestine, tout en assurant le libre
accès de tous aux Lieux-saints chrétiens, juifs et musulmans.
Fait à Paris, le 16 avril 2002
Ont déjà signé ce texte plus de 250 adhérents et amis de Coup
de soleil, parmi lesquels : Jamel-Eddine Bencheikh (écrivain),
Maurice Buttin (avocat), Jean-Paul Chagnollaud (directeur de
Confluences), Alice Cherki (écrivain), Jean Daniel (journaliste,
écrivain), Renée Elkaïm-Bollinger (journaliste), Pierre Kalfon
(journaliste), Yves Lacoste (universitaire), Camille Lacoste-
Dujardin (universitaire), Jean Lacouture (journaliste, écrivain),
Moussa Lebkiri (comédien, écrivain), Albert Memmi (écrivain),
André Miquel (universitaire), Henry Moati (comédien), Paul
Picard (ancien maire), Noureddine Saadi (écrivain), Smaïn
(comédien), Benjamin Stora (universitaire), Lounés Tazaïrt
(comédien) et Antoinette Weil (professeur). Mohamed Charfi
(ancien ministre tunisien) et Fouad Laroui (écrivain marocain),
qui résident hors de France, s’associent également à ce texte.
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