CHRONIQUE N° 5 D’UN ADHERENT UFCV

Comme d’autres adhérents de l’UFCV, j’ai pris connaissance du plan de réorganisation de l’association, et comme je le prévoyais il est dramatique pour 100 salariés porteurs d’un projet associatif vieux de 102 ans !

Comment en est-on arrivé là ?

L’analyse générale des insuffisances actuelles de l’UFCV faite par la Direction générale me semble globalement cohérente. Par contre, je ne suis absolument pas d’accord avec le constat qui consiste à concentrer sur l’année 2008 les mauvais résultats et donc toutes les pertes financières ( baisse subite du CA et augmentation subite des coûts de production). Ces problèmes récurrents étaient déjà identifiés depuis fort longtemps, mais toujours masqués légalement par des artifices comptables légaux ( reprise de provisions et erreurs juridiques des créanciers ) qui donnaient toujours l’illusion d’une apparente bonne santé financière de l’institution.

Les premiers signes de ces faiblesses sont apparus fin 2003 et début 2004. Ils avaient d’ailleurs bien été repérés et dénoncés par le trésorier de l’époque. C’est au début de l’année 2004 ou 2005 qu’il fallait mettre en place un plan de modernisation et de réorganisation quinquennale de l’UNION, en gelant totalement les embauches et en ne remplaçant pas les départs spontanés et ceux conduisant à la retraite des personnels.

C’est aussi  à cette époque qu’il aurait fallu conduire sans dégâts sociaux le tuilage d’une modernisation efficace ( issue d’une large concertation menée avec tous les acteurs de l’UNION )  avec le calibrage des effectifs salariés nécessaires à la bonne marche de l’entreprise ayant pour échéance 2010.

Les mises en chantier des nouveaux outils modernes ( plate-formes de gestion et téléphonique, logiciels métiers, inscriptions en ligne BAFA et CVL,  mutualisations fonctionnelles des moyens, etc.… ) ont été beaucoup trop tardives et trop conduite en interne avec un large déficit de technicité et de maîtrise de ces nouveaux outils.

Mais qui est responsable ?

Pour moi, sans ambiguïté :  LES POLITIQUES, qui sont des élus  ! 

Je porte ma part de responsabilité car pendant une longue période j’ai appartenu à cette catégorie des politiques.

 

Nous avons abandonné, confié et délégué nos pouvoirs d’élus aux services,

Nous n’avons pas su imposer nos choix fondamentaux à nos directions générales et cadres successifs,

Nous n’avons pas su faire partager dans la concertation nos décisions fortes aux salariés de notre institution,

Nous avons complètement raté la réforme régionale,

Nous avons laissé entreprendre la déculturation des services de notre UNION,

Nous avons passé plus de temps à nous complaire dans l’adoption de solutions proposées, qu’à prendre pleinement nos responsabilités d’élus que nous avaient confiées les adhérents par leurs votes institutionnels !

Les CA successifs n’ont pas su avec franchise dire «  NON, nous ne sommes pas d’accord, et nous proposons…. « !

Mais il ne sert plus à rien de consacrer tout notre temps au passé, seul l’avenir de l’UNION a de l’intérêt.

 

L’assemblée générale du 6 juin 2009 aurait dû nous conduire à prendre une seule décision économique positive qui doit provisoirement sortir l’UFCV de ce mauvais pas financier.

 

C’est pourquoi j’ai voté ( pouvoir ) uniquement pour l’emprunt et non pas pour les comptes financiers et le quitus de 2008. Car quelles que soient les équipes des politiques et des services, elles auront besoin de fonds disponibles pour mener à bien la restructuration.

 

L’heure de la recomposition politique n’est pas encore venue.

 

Seule, l’heure de la recherche d’une solution technique de compromis entre les deux parties qui s’affrontent d’une manière néfaste doit être privilégiée

 

Seule, une petite équipe composée de personnes indépendantes, aux qualités et à l’expérience reconnue ( anciens présidents, délégués, salariés, administrateurs ) pourra pendant l’été faire l’interface entre les deux blocs issus de la dernière AG et proposer d’ici 1 à 2 mois une nouvelle AGE afin de voter le recours à des crédits nécessaires. Ensuite à la fin de l’automne, une rénovation politique pourra s’engager dans un contexte le moins conflictuel possible au regard des valeurs et du projet de notre institution centenaire !

 

C’est pourquoi nous sommes un certain nombre à penser parmi ceux qui ont voté l’emprunt mais qui ne sont pas en accord total avec le PSE présenté, que des solutions claires et réalistes peuvent émerger telles que :

 

A -  Revoir le nombre des licenciements à la baisse en excluant tous les salariés fragilisés par la vie ( en accompagnement COTOREP, en situation familiale précaire, en soutien de famille) car nous nous devons de rester fidèles à nos valeurs. Mais je suis sûr que les organisations syndicales travaillaient déjà sur ce dossier !

 

B -  Implanter dans les régions les plus touchées par les licenciements et les fermetures de sites les deux plus importantes plate-formes :

A LYON  la plate-forme de gestion ( comptabilité et contrôle de gestion ).

A RENNES  la plate-forme téléphonique.

Car rien ne justifie sérieusement le maintien de ces dernières à Paris, même si des dispositions techniques avaient été anticipées.

 

C -  Confier chaque fois que ce sera possible, l’accueil de proximité au réseau des adhérents, partenaires, CD et autres acteurs de l’UNION en multipliant les conventionnements diversifiés.

 

D -  Dès le début de septembre convoquer une AGE pour voter soit les moyens financiers nécessaires par emprunt  soit approuver la réalisation d’un bien .D’ici là je suppose que les services devront gérer la trésorerie avec grande attention !

 

 

 

 

Est-ce bien raisonnable d’avoir tenté d’exprimer ma pensée ? Oui, de mon point de vue, et j’ai pris un risque car Il me paraissait trop facile de toujours se ranger dans le camp des «  Y a qu’ à…, Il fallait que…  y avait qu’ à…..

 

 

 

 

Il n’y a pas l’entreprise et l’association, il y a une UNION, une et indivisible !


 

 

 

 

 

Fait à Ste Foy lès Lyon le 15 juin 2009.

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