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- Il n' y a que la vérité qui vexe...

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LA SAGA : 1954-2004 -1 - " LES CAMPS ALPINS "

UN-FEU.jpg

Préambule : Comme je m' y étais engagé voilà plusieurs années sur ce blog, voici le temps venu de raconter ce qui à mes yeux  fut  une longue aventure d'un homme ordinaire. Au gré de mon temps, de mon inspiration, de mes souvenirs et de ma documentation, je publierai  les chapitres de cette aventure qui s'étale sur 50 années, de 1954 à 2004. 

 

Pourquoi cette publication ? Tout simplement  pour ne pas laisser d'aucuns s'approprier des vérités qui ne sont pas les leurs et surtout pour restituer la justesse des faits et des actions avant que les hommes aidés par le temps n'y posent leurs mains  !

 

1954-1957  " LES CAMPS ALPINS ".

 

Il est impossible de comprendre l'esprit de cette saga si  en quelques lignes je ne brosse pas mon tableau familial. Mes parents d'origine modeste nous ( car nous sommes cinq enfants ) ont toujours élevés dans le respect des valeurs républicaines mais nous ont aussi donné avec le concours des prêtres de la paroisse une solide éducation religieuse et spirituelle.

Il était hors de question de ne pas aller à la messe dominicale et de sécher un cours de catéchisme. Mais à contrario c'est  l'école républicaine que nos parents ont choisie sans hésitation pour nous tous et mon père n'aurait en rien manqué sa partie de boules hebdomadaire à l'amicale laïque et encore moins renié son appartenance au corps des sapeurs pompiers  de la ville ! Et pourtant il gardait pieusement un souvenir de sa jeunesse où il avait été scout avec l'abbé Champier pour lequel il avait une dévotion toute particulière.

 

Donc toute mon enfance et adolescence  a été fortement bercée par l'école laïque, le catéchisme  et le patronage de la paroisse, puis avec un des mes amis, la responsabilité d'un groupe de Coeurs vaillants.

 

Le prolongement naturel du patronage ( jeudi à cette époque ) était les camps d'été proposés par " le vicaire des garçons ". A la fin de la guerre tous les jeunes vicaires sortant des séminaires étaient des amoureux de la montagne ou du cinématographe et plus tard de la télévision.

 

LA-MEIJE.jpg Dès 1952 puis 1953  la paroisse organisa des camps d'été pour garçons bien sûr, dans les Alpes. Les deux premiers eurent lieu dans un magnifique village du parc des Ecrins  LA GRAVE au pied de la Meije et le presbytère ouvert aux quatre vents nous servait d'hébergement.

La vie et les activités y étaient simples. Randonnées en montagne, confection des repas, hygiène du corps abondante et spartiate ( que de l'eau glacée ), chants révolutionnaires ( le père Duval, Brassens, Ferré et Brel ), marches de nuit et jeux de piste et les très attendus " temps libres " ponctuaient la journée. Bien entendu la messe, de bonne heure ouvrait  le début de la matinée. Le petit-déjeuner copieux  était avalé avant de partir pour les sommets. Nous ne nous posions aucune question et nous participions sincèrement de bon coeur à ces exercices de pîété.

 

Deux vicaires ont marqué ces années, les abbés Palmier et Richard. Le premier, un montagnard excellent  était un homme plein  d'attention et  discret mais d'une grande hauteur d'âme. L'autre  plus  intellectuel  mais  chaleureux, que des années de solitude et de célibat au fond d'une cure de campagne ont fait sombrer dans l'amertume et  le penchant pour le jus de la treille ! Mais les vignes du Seigneur sont généreuses !

 

1954 marque un tournant, car quelques parents trouvaient trop dures pour les petits  les randonnées en montagne du côté de la Meije. Qu' à cela ne tienne le clergé paroissial ( vicaires des filles et des garçons ) nous annonça lors d'une réunion de préparation du patronage que nous irions cette année toujours dans les Alpes mais en Haute- Savoie et dans le village de LA FRASSE, car la montagne à vache serait plus adaptée aux petites jambes des garçonnets. Nous voilà partis pour 3 années au chalet " L'HERMINEUR " à la Frasse.

Magnifique bâtisse en pierre et bois ( photo ci-dessus ) qui très vite se conforma à notre rythme de vie qui n'avait pas changé. Les anciens fidèles à LA GRAVE racontaient avec exagération les randonnées interminables pour nous rendre à la Meije. Le seul changement était que la messe du matin était célébrée dans la petite  et magnifique chapelle du village ( qui possède un orgue magnifique qui vient d'être restauré ) et non dans le chalet. Quelques grognements se firent entendre sur l'heure avancée du lever afin d'aller rendre grâce à Dieu ! CHALET-L-HERMINEUR-A-LA-FRASSE-copie-1.jpg

 

En 1956-1957 l'arrivée du nouveau vicaire des garçons révolutionna le patronage. Il aimait plus le cinéma et la télévision que les courses en montagne et l'été s'annonça moins fatiguant pour nous et comble de joie il possédait un électrophone ! Les séances de préparation du patronage devenaient plus joyeuses et bruyantes.

Ce fut le dernier séjour dans les Alpes à la Frasse ,car l'abbé Henri BONJOUR, notre grand homme, pensait à une forme de vacances beaucoup plus sédentaire et surtout à portée d'autobus de la petite ville de Feurs, mais comme le suggéraient les manuels  UFCV de l'époque, il fallait surtout du  grand air.

 

Le feu  était dans l'adolescent , il va  brûler pendant  46 ans  !

 

2 - "  LE TEMPS DES PIONNIERS "

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