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- La vérité n'est pas toujours bonne à dire...
- La vérité sort de la bouche des enfants...
- Il ment comme un arracheur de dents...
- Il n'y a que la vérité qui compte...
- La vérité vraie...
- La queue du rat lui sortirait de la bouche...
- En vérité je vous le dis...
- Lui dire ses quatre vérités...
- Il ment comme il respire...
- Il n' y a que la vérité qui vexe...
- La vérité si je mens...
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LA SAGA 1954-2004 - 4 - CREATION DU CENTRE PERMANENT « LA JOIE DE VIVRE «
1972-1978 : Cette période de mise en place de la structure permanente ne fut pas , loin s’en faut, la plus dure, bien que sur un plan personnel elle fut celle des sacrifices financiers et autres, mais certainement la plus exaltante et enrichissante.
Depuis le printemps 1971, avec mon ami Alain l’idée de créer un CPVL était dans l’air. A Pâques 1972 la décision fut prise et ce en accord avec le reste de l’équipe d’animateurs. Ce sera donc pour l’automne 1972.
Plusieurs facteurs convergents allaient faciliter cette ouverture :
De ce fait chaque couple aurait au moins un salaire qui pourrait « faire bouillir la marmite « suivant l’expression populaire consacrée. Ce qui a bien sûr impliqué que pendant deux années les salaires des permanents furent fictifs car ils alimentaient le fonctionnement de cette aventure pédagogique et humaine.
Début septembre l’ouverture fut effective et nous nous installâmes d’une manière très précaire ( une pièce pour chaque couple ) dans la grande bâtisse. Dès le début octobre nous avions créé un grand CENTRE AERE fonctionnant le mercredi, qui ramassait les enfants sur trois grands circuits foréziens :
-Saint-Étienne et toutes les villes situés sur le parcours. ( Saint-Just St Rambert, Andrézieux-Bouthéon ,etc. ).
-Feurs et toutes les villes et villages situées sur le parcours ( nous allions jusqu’à Bussières, Balbigny, etc.. )
-Montbrison évidemment prolongé jusqu’à Boën-sur-Lignon et autres villages alentours.
Ces ramassages mobilisaient trois autobus. Très vite le succès fut total et à Noël 1972 l’effectif fut de 80 , et à l’ouverture de l’automne de l’année scolaire 1972-1973 le chiffre de 170 fut atteint ! L’équipe d’animation était forte de 17 personnes.
Les activités basées essentiellement sur le plein air ( grands jeux, poneys, ski de piste et fond, découverte de la nature ) occupaient la majeure partie de l’après-midi. Toutefois le matin, pour les parents qui l’avaient demandé, il y avait en liaison avec la paroisse, un temps consacré à ce qu’aujourd’hui nous appelons l’éducation religieuse mais nous plus simplement « le caté « ! Un certain nombre d’habitants du village sous la direction du Père Caleyron, devinrent en milieu de semaine catéchistes au centre.
Le temps du repas était toujours un moment très convivial et festif où les anniversaires étaient souhaités. L’après midi se terminait toujours pas une grande séance de cinéma. Nous avions remarqué que les vieilles bobines des aventures de Tintin faisaient toujours recette comme vingt ans en arrière. A cette époque nous avions acheté d’occasion à l’Armée un énorme projecteur et bien sûr les séries de Laurel et Hardy et autres comiques défilaient joyeusement sur un écran de fortune.
Ainsi Alain et Hélène enseignaient respectivement à Verrières en Forez et Ambert mais consacraient aussi une grande partie de leurs disponibilités au démarrage du centre. Dora et moi-même nous nous occupions au quotidien du CPVL. Au cours de l’été 1973 Alain et Dora achetèrent deux poneys norvégiens qui servirent pour des animations équestres lors de la reprise du centre aéré 1972-1973.
En septembre 1973 LE CLUB DU SOIR fut créé sur la commune de Feurs. Bien avant tout le monde ce que l’on nomme actuellement les activités péri-scolaires, furent une des préoccupations de l’association.
Comme nous possédions – en co-association - à Feurs des locaux ( deux pièces attribuées par l’AIF ) situées rue Jacquemart, nous décidâmes de les aménager ( peintures, chauffage, sanitaires, meubles ) pour en faire le siège social de l’association LA JOIE DE VIVRE mais aussi un lieu d’accueil pour recevoir les enfants qui sortaient de l’école sans pouvoir rejoindre leur domicile car leurs parents travaillaient jusqu’en début de soirée. Ainsi avec un véhicule nous faisions la tournée des écoles de la cité et ramenions les écoliers à ce local. Jusqu’à 18H00 ils pouvaient avec l’aide d’animateurs faire leurs devoirs dits « du soir « . Le reste du temps était consacré à la lecture, jeux de société mais aussi à des ateliers récréatifs et ce en attendant que leurs parents viennent les chercher.
Le succès fut tel que très vite nous dûmes limiter à 20 l’effectif. Pour l’année scolaire suivante ( 1974-1975 ) la municipalité de Feurs nous demanda d’organiser le même service dans le nouveau quartier de la Boissonnette. Là aussi les effectifs montèrent assez vite à 40 enfants.
Pour ce faire la ville de Feurs mit à notre disposition les m2 sociaux de ce nouvel ensemble de HLM. Nous devions par la suite partager cet équipement avec le centre social récemment ouvert, ce qui pour nous ne posa aucun problème. Très vite nous nous aperçûmes que cette organisation, au nom de sa vision exclusive de la laïcité, envisageait de récupérer cette animation sociale innovante que nous avions mis sur pied. Sans difficulté l’année suivante nous leur transférions l’organisation et notre savoir-faire, car notre but n’était pas avec cet outil pédagogique d’en faire un instrument de lutte politique. Cette approche ne nous intéressait pas du tout.
A nouveau, l’année 1973 devait marquer un tournant dans l’organisation juridique de cette nouvelle activité paroissiale forézienne. Les vœux de l’équipe mais aussi les miens n’étaient pas de séparer la paroisse de Feurs et l’implantation de Verrières en Forez, mais bien de doter cette création d’un cadre associatif légal qui correspondait mieux à son exploitation.
La Joie de Vivre, comme toutes les œuvres paroissiales ( cinéma, gymnastique, écoles catholiques, basket, fanfare, bibliothèque, secours catholique, etc. ) étaient juridiquement des sections de l’AEP de la paroisse de Feurs. Pour fonctionner, cette dernière, par le biais de la société civile immobilière ( structure résultant de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat en 1905 ), mettait à la disposition de ses sections des bâtiments qu’elles devaient entretenir sans payer de location. Chaque responsable de section possédait en son nom propre des parts du capital ainsi constitué par les biens immobiliers. Je fus donc détenteur d’un paquet de parts censées représenter fictivement la valeur du bien de Verrièrres-en-Forez. En 1973 l’Etat, pour des raisons évidentes de captation mais aussi pour séparer les SCI à caractère financières et commerciales, obligeât ces SCI à se transformer en AIF. Ce qui fut fait.
Profitant de ce changement juridique je pris l’initiative de créer en avril 1973 une association d’éducation populaire ayant pour nom tout simplement LA JOIE DE VIVRE. Elle administra dorénavant l’activité centres de vacances. Cependant la propriété demeura dans le giron de l’AIF de Feurs et ce jusqu’en décembre 2004.
Je demandai donc à Yves de bien vouloir être le premier Président de cette association en tant que parents d’enfants fréquentant assidûment nos centres de vacances. En 1976 c’est mon ami Jean-Paul que je sollicitai pour prendre la relève. Il assura cette lourde tâche courageusement jusqu’à la fin de l’année 2004.
Dans ces feux d’artifice de création pédagogique que deviennent me direz-vous pendant ces années 70 les centres de vacances ( le mot colonies de vacances devint brusquement « has been « ) ?
Très vite la place manqua pour les mois d’été. Lézigneux fut loué pour y installer les centres de vacances hebdomadaires, puis vint la location de Bully appartenant à une association concurrente l’ARVEL, pour y implanter les centres de vacances maternelles, puis ce fut le tour de Estivareilles pour y loger dans un ancien couvent des sœurs Saint-Joseph un centre de pré-adolescents et enfin Saint-Bonnet-le-Courreau qui prendra la relève de Bully que l’ARVEL voulut récupérer après sa grande restructuration.
Je ne serais pas exhaustif si j’oubliais de mentionner l’apparition des premiers embryons des camps itinérants pour adolescents que l’on appellera bien plus tard « LA CAMPINETTE « et qui vivront en marge de l’association avec un esprit très particulier. Les acteurs, parfois frondeurs et très ombrageux en ce qui concerne l’organisation de leurs activités qu’ils voulaient ne pas faire entrer dans « l’industrie du loisir pour enfants « disaient-ils avec un peu de condescendance. Ils oubliaient simplement qu’ils étaient issus du même creuset. Mais enfin dans une grande famille il faut bien un enfant difficile très souvent injuste et en rupture avec les parents ! Mais j’y reviendrai plus tard à l’occasion de moments plus douloureux.
La montée en puissance de toutes ces activités et lieux d’activités nécessita l’embauche de deux permanents supplémentaires mais aussi de personnels administratifs. Les équipes techniques s’étoffèrent.
La création de l’association codifia dans ses statuts ces relations qui n’étaient que spontanées et amicales. Un conseil d’administration se mit en place comme dicté par la législation associative puis un Conseil de maison qui regroupait l’ensemble des personnels salariés et bénévoles. Cette dernière forme de structure était non obligatoire mais elle était la pure traduction co-gestionnaire qui a toujours animé l’équipe fondatrice.
Cet emballement d’activités nécessita beaucoup de travaux soit dans le bâtiment historique soit dans les immeubles mis à notre disposition.
Dans la grande bâtisse le chauffage central fut terminé, les sanitaires regroupés dans les étages, des petites chambres créés, la toiture refaite à neuf et à l’identique ( à cause du périmètre historique ), la restructuration du pôle restauration fut effective avec la construction d’une cuisine de collectivité ultra moderne, des véhicules de transports furent mis en service et des matériels pédagogiques ( skis, poney, etc. ) achetés.
Comme pour toutes les entreprises, associations, commerces, l’inévitable crise de croissance financière arriva fin 1976 par le schéma classique d’un excès d’autofinancement qui mit à mal la trésorerie. Il fallut, avec une poignée de chefs d’entreprises foréziens proches de notre projet éducatif et qui par le passé avaient ou connu ou vécu pareille mésaventure, s’atteler au redressement de l’association. Comme nous avions déjà l’habitude des privations, des efforts et des petits salaires depuis la création, le courage ne nous manqua pas et fin 1977 et début 1978 les premiers signes positifs apparurent.
Par contre les idées généreuses pédagogiques d’adolescents et de jeunes gens disparurent avec les exigences des banquiers, des administrations et autres briseurs de rêves. Nous étions rentrés dans la culture de la marge en « singeant « le mode de fonctionnement des entreprises* au lieu de nous contenter d’équilibrer nos frais de fonctionnement et de faire supporter entièrement le poids de nos investissements par des donations privées extérieures et financements publiques.
Ce changement de cap financier a détruit entièrement nos orientations philosophiques et religieuses pour nous dissoudre dans cette neutralité ambiante complètement mièvre. Nous aurions dû rester une œuvre sociale catholique pour la jeunesse.
* Qui a d’ailleurs constamment entraîné d’autres crises financières à répétition du même type.
5- L’ENTREPRISE DE LOISIRS.
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