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- La vérité n'est pas toujours bonne à dire...
- La vérité sort de la bouche des enfants...
- Il ment comme un arracheur de dents...
- Il n'y a que la vérité qui compte...
- La vérité vraie...
- La queue du rat lui sortirait de la bouche...
- En vérité je vous le dis...
- Lui dire ses quatre vérités...
- Il ment comme il respire...
- Il n' y a que la vérité qui vexe...
- La vérité si je mens...
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1966-1972 : Le chapitre " LES ORPHELINS " devait avoir un titre moins littéraire: " La pré-professionnalisation ou les usines à loisirs «. Ce dernier m’est apparu plus exact que celui que j’avais prévu.
Les vicaires partis, nous voilà bien seuls et abandonnés dès 1968 par un curé de Feurs plus intéressé par des activités syndicales que par des œuvres paroissiales pour enfants et une Eglise en pleine ébullition pré-conciliaire. Heureusement au cours des dernières années, deux petites équipes d’animatrices et d’animateurs s’étaient respectivement regroupées autour de Melle Maréchal et moi-même aidées pour la gestion par M. Jacques Bertrand toujours fidèle au poste de la comptabilité. Nous avons été très injustes avec « le grand Jacques « , mais la jeunesse de notre engagement balayait d’un revers tout ce qui pouvait être une entrave à la réalisation de nos projets et seule comptait la survie de « LA COLO « !
Pendant deux années et jusqu’à « la révolution « , les centres de juillet et août eurent lieu tant bien que mal, mais la sacro-sainte permutation filles et garçons perdurait, ce qui permettait aux équipes d’encadrement de préparer pour les successeurs de joyeuses surprises pour ne pas dire « de vacheries « quand ils arrivaient pour prendre la relève. Dans cet esprit de blagues de potaches et de bonne humeur, les équipes s’étoffèrent de part et d’autre.
Cependant quelques évènements et incidents annonciateurs de bouleversements se produisirent.
Dans ces années 1966-1967 l’équipe d’animateurs était très soudée et c’est plus la co-gestion qui dominait que le respect strict d’une hiérarchie. Cependant lors des étés 1966 et 1967, la direction de la colonie de garçons prit l’initiative de nommer un « Moniteur Chef « à la place du moniteur de jour qui par roulement assumait avec le reste de l’équipe la préparation de la journée ainsi que sa mise en œuvre. Lecteurs, imaginez-vous un instant à la veille de 1968 ce que le mot « Chef « pouvait signifier ? La cassure fut immédiate et la colère, silencieuse dans un premier temps, devint sournoise. Le ressort était cassé à jamais. La belle amitié vola en éclat pour la première fois. Mais ce ne sera pas la dernière ! La fronde commença….
Durant cette année tumultueuse chacun en profita pour parfaire ses formations. D’aucuns celle de direction, d’autres d’économe et animateurs et tous emportés par l’élan révolutionnaire de mai prirent des engagements pédagogiques non moins avant gardistes pour l’été suivant, et firent savoir aux responsables qu’il ne fallait pas compter sur eux pour constituer l’équipe pendant cette période estivale. Durant les petites vacances scolaires fut créé sur la paroisse « la semaine des 4 jeudis « qui était un compromis pédagogique entre les patronages et les futurs centres aérés. C’était une formule intéressante qui faisait bien le lien entre les colos de l’été, le patronage du jeudi et les loisirs à inventer lors des petites vacances scolaires qui venaient d’apparaître. Bien entendu les équipes de Verrières en Forez furent sollicitées pour encadrer ces activités qui réunissaient un très grand nombre d’enfants. C’est alors que « la mule du Pape « fit son œuvre d’une manière fort diplomatique.
Juillet 1968 démarra donc sans moniteur chef, et nous inaugurâmes les levers échelonnés, les menus équilibrés avec du jambon au madère, l’abolition des rassemblements et de la prière matinale, puis nous discutâmes jusque tard dans la nuit pour savoir si pour l’année 1969 nous devrions faire des colonies mixtes et des camps de ski pour Noël. Jean-Paul nous fit remarquer qu’il était impossible de faire le jeu des grades avec les filles, Jean décréta qu’il faudrait deux directeurs ou un couple à la direction puis François fit remarquer tout le bien qu’une équipe mixte d’encadrement apporterait aux enfants…… il était quatre heures du matin, il fallut nous coucher.
Cette période fut celle de la profonde amitié ; mais où sont il donc les Jean-Paul, Jean, Guy, André, Alain, Jean-Louis, Paul, Claude, Michel, François et les autres ?
L’autre ombre est venue du clergé forézien. Après 1968 un vent de réforme souffla fortement sur ce qui restait des équipes en place pendant cette période troublée. La paroisse de Feurs n’y échappa nullement. Lors de l’unique visite « pastorale « du nouveau curé dans notre chère colonie de vacances, il jeta son dévolu pour les besoins de la restauration de l’église, sur des vestiges ( une colonne octogonale de petite taille et une large vasque en pierre ) que nous avions, à la force de nos bras, mis au jour en réalisant des travaux d’agrandissement d’un terrain de jeux, et décréta qu’ils feraient de biens jolis fonds baptismaux. Aux vacances de Toussaint nous ne pûmes que constater qu’il avait fait enlever ces deux pierres, bien entendu sans informer l’équipe qui gérait le bâtiment de Verrières en Forez.. La rupture fut immédiate !
Bien évidemment, lors d’une réunion nous lui fîmes remarquer sa désinvolture. Il n’en avait cure et nous fit remarquer que ces biens appartenaient à la paroisse de Feurs. C’est alors que nous lui « chantâmes « un couplet vexatoire sur la politesse et sur la gestion des biens matériels qui devait être faite par des laïcs maintenant que le concile avait quelque peu changé les manières de procéder. Pour clore l’incident nous lui adressâmes une belle lettre pour lui signifier que l’emprunt de ces éléments en pierre était le remboursement de la somme de 5 000 francs que nous avions empruntée à son prédécesseur pour acheter le bâtiment de Verrières. Nous n’eûmes jamais de réponse !
L’hiver 1969 verra donc à Noël l’organisation d’un camp de neige ( ski à la station de Prabouré de Saint-Anthême et autres activités d’hiver ) mixte. La neige cette année là fut très abondante ( 60 centimètres ). Une soixantaine d’enfants y participèrent. La maison n’étant pas complètement équipée du chauffage central, des poêles à charbon qu’il fallut entretenir jour et nuit, furent installés dans les dortoirs et autres lieux. Le retour dans la plaine du Forez fut assez chaotique, car l’autobus chargé de transporter les enfants pour le retour ne put atteindre les bâtiments en raison de la couche de neige tombée la nuit précédente. Le transfert des enfants et des valises se fit donc en luge sur environ 1,5 kilomètres.
L’été 1970 les colonies mixtes firent leur apparition et en 1971 nous fûmes la première association d’éducation populaire de France à proposer des séjours hebdomadaires. Evidemment après le succès du séjour de Noël 1969 le mois de février vit arriver les mordus de ski de piste mais aussi de fond, discipline chère à Alain Fulchiron.
L’occupation maximum des locaux de Verrières en Forez était « sur les rails « et 1972 allait être un des tournants historiques de la section d’éducation populaire colonies de vacances.
4 - CREATION DU CENTRE PERMANENT « LA JOIE DE VIVRE « .
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